Topo sur la stratégie

mardi 17 août 2010 par Secrétariat jeunes NPA

L’idée de stratégie, c’est un mot emprunté au domaine militaire. En langage militaire on fait une différence entre la stratégie et la tactique : la tactique sert à répondre à la question « comment gagner une bataille », la stratégie, c’est « comment gagner la guerre ».

Pour revenir sur la stratégie en politique, ça permet de réfléchir au moyen de changer le monde. Comment passer du système capitaliste au socialisme ? C’est une question qui vient forcément sur le tapis quand on discute de notre projet de société. Sans prétendre avoir une solution clé en main, il faut pouvoir donner des pistes, des grandes lignes pour rendre crédible notre projet politique.

La deuxième raison pour laquelle on parle de stratégie, c’est que dans le système capitaliste, les travailleurs sont dominés dans tous les domaines :

- sur l’aspect économique, ils sont obligés de vendre leur force de travail pour survivre

- sur le plan idéologique, la production d’idée est dominée par la classe dominante par le biais de la presse, des médias, de l’école

- sur le plan politique, où on ne peut que voter une fois tous les 5 ans pour choisir le représentant de la bourgeoisie qui foulera nos intérêts du pied

La question qu’on doit alors se poser c’est comment de rien, d’un état de dominé sur tous les terrains, devenir tout, c’est à dire changer le monde.

La troisième raison c’est qu’on est dans une pèriode de crise économique, qui va durer plusieurs années, et qui va provoquer des crises politiques qui vont déstabiliser le système. Ces dans ces périodes qu’on a besoin d’une boussole politique pour pouvoir se diriger. Pour intervenir dans les mobilisations, défendre qu’il ne faut pas se fier à l’État, développer l’auto-organisation, poser la question de qui dirige et pour qui. Tout ça découle de quelle stratégie on développe pour changer le monde : est ce qu’on passe par le biais de l’Etat ou est-ce qu’on se pose en rupture.

L’idée du topo c’est de discuter de cette stratégie, des principaux éléments qui la composent, et du parti à construire pour essayer de la développer. Je vais commencer par en donner les principaux éléments.

Le premier aspect important pour changer le monde c’est qu’il faut prendre le pouvoir : c’est à dire arracher le pouvoir politique à la bourgeoisie. Les réformistes répondent à ce problème qu’il faut gagner les élections et reprendre petit à petit, par la voie de réforme le pouvoir de la classe dominante. Toutes les expériences historiques ou actuelles montrent l’échec de ce moyen.

Tous les gouvernements qui voulaient mener une politique dans le cadre de l’Etat capitaliste ont été rattraper soit par la dette publique, où les banquiers refusent de prêter de l’argent à l’Etat. On voit en ce moment en Europe que les Etats sont pris à la gorge par les banquiers. Soit par un coup d’Etat militaire, ça a été le cas au Chili sous Allende, mais aussi récemment au Vénézuela, en Bolivie ou au Honduras.

Pour mener à bien un projet socialiste, il y a besoin d’une rupture révolutionnaire avec l’Etat.

Le deuxième élément de cette stratégie, c’est que cette rupture révolutionnaire n’est pas possible à tous moments. Il y a besoin d’avoir certaines conditions réunies, une crise politique importante dans la classe dominante, un mouvement de masse d’une ampleur exceptionnelle, et une solidarité des classes moyennes et petites-bourgeoises avec les travailleurs. Ces crises ne se produisent qu’en certaines occasions, lors d’une guerre, d’une crise économique, et il faut savoir les saisir.

Troisièmement, dans chaque crise révolutionnaire il y a eu des cadres d’auto-organisation des travailleurs, des AG, des comités, qui en se centralisant pour les besoins de la lutte, concurrencent le pouvoir de l’Etat. Et notre stratégie pour que les travailleurs prennent le pouvoir, elle s’appuie sur ce pouvoir des travailleurs qui rentre en conflit avec l’Etat et finit par l’abattre. Mais dans cette situation de double pouvoir, notre rôle et celui des travailleurs, c’est de prendre en charge le fonctionnement de la société et montrer que notre pouvoir est plus crédible pour diriger dans l’intérêt de la majorité de la population.

Mais pour développer ce pouvoir concurrent, c’est le 4ème élément, il s’agit de mettre en mouvement l’ensemble des travailleurs en surmontant leurs divisions et leurs illusions réformistes. Pour ça, il est nécessaire de développer une politique de Front Unique, c’est à dire d’unifier les travailleurs et leurs organisations pour se battre sur des revendications précises. Et pour surmonter les illusions dans le système, il faut développer des revendications qui fassent le pont entre les préoccupations quotidiennes et la nécessité de renverser le capitalisme. Par exemple : l’interdiction des licenciements, on répond au problème du chômage de masse et aux licenciements massifs en proposant une revendication qui n’est pas soluble dans le système, car elle s’attaque à la propriété privée du patronat.

Enfin le dernier élément c’est que le capitalisme est mondialisé et que pour l’abattre il ne faudra pas seulement une révolution dans un seul pays, mais une révolution qui s’étend à d’autres pays et qui se confronte au capitalisme au niveau mondial.

Pour essayer d’y voir plus clair, ces éléments là ne sont réunis que dans certains types de mouvement des travailleurs : les grèves générales. C’est un mouvement qui, et met en action la majorité, et pose la question du pouvoir, par le biais de l’auto-organisation, et se place en rupture avec l’Etat bourgeois. On ne sait pas comment se passera la révolution, mais c’est la grève générale insurrectionnelle qui dans le passé a permis de réunir tous ces éléments. C’est notre principale hypothèse stratégique.

Enfin pour finir, pour développer cette stratégie on a besoin d’un Parti. Une organisation qui puisse pousser à l’auto-organisation dans les mouvements. Un outil qui puisse préparer les grandes bagarres, anticiper les crises, et qui puisse au moment saisir l’occasion pour prendre le pouvoir. Pour préparer la révolution mondiale, il faut développer des liens avec les autres partis anticapitalistes et révolutionnaires du monde. Pour ça le type d’organisation le plus efficace reste l’Internationale avec ses différentes sections nationales. Cela permet d’avoir une vision d’ensemble du système et de tirer les bilans des expériences à un niveau mondial. C’est un des chantiers à reconstruire.


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